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Bilan du MOOC

Les chiffres du MOOC « Bien archiver : la réponse au désordre numérique » (5500 inscrits, 25 % d’apprenants qui vont au bout des quizz, 5000 vues en moyenne par vidéo, etc.) sont présentés dans l’animation « Retour sur le MOOC ». Plusieurs billets abordent tel ou tel aspect de l’aventure ou racontent comment les apprenants et les contributeurs ont vécu le MOOC (voir la Newsletter).

Ce « bilan du MOOC » est plus précisément issu des résultats du questionnaire d’évaluation proposé en ligne au cours des trois semaines qui ont suivi la clôture du MOOC, du 22 mars au 13 avril 2015. 468 « moocqueurs » ont répondu au questionnaire, ce qui constitue un panel non négligeable.

Ce bilan comprend cinq chapitres :Profil des apprenants. Contexte de l’inscription au MOOC. Évaluation des contenus et Et maintenant, que vais-je faire ? Les très nombreux commentaires libres qui ont accompagné les réponses aux questions fermées ont été regroupés dans un « livre d’or du MOOC ».

Profil des apprenants

Les premières questions portaient sur le profil professionnel et l’activité (pour le sexe et le niveau d’étude, voir la cartographie des apprenants).

Voici le premier graphique :

MOOC-Bilan_Profil répondants

Un quart des répondants ont un profil de chef de projet archivage / documentation / dématérialisation ; 17 % sont manageurs ou cadres. 5 % sont chefs d’entreprise ou décideurs, 10% assistant(e)s. Les étudiants ne sont guère plus nombreux que les décideurs ; les consultants guère plus nombreux que les assistantes.

On remarque surtout qu’un quart des répondants (116) ne se sont pas reconnus dans les catégories proposées, mais ont précisé leur profil avec leurs propres mots. On peut les regrouper ainsi :

12 documentalistes, 11 archivistes, 1 bibliothécaire et 6 personnes travaillant dans un service d’archives ou une bibliothèque  ;

8 chefs de projet (hors archivage), 3 informaticiens, 3 responsables qualité

10 enseignants, 2 chercheurs ;

6 employés, 4 fonctionnaires, 3 assistantes (malgré la rubrique proposée) ;

13 retraités et 5 personnes en recherche d’emploi ;

25 divers, allant du militaire au curieux, de l’analyste au cadre commercial, du data scientist à l’élu ordinal et du comptable au technicien de laboratoire.

La question connexe du domaine d’activité fait ressortir une autre répartition :

44% travaillent dans le domaine de l’information au sens large, 11% dans le domaine de l’informatique (réseaux, sécurité, logiciels…) et 10 % dans la qualité, le contrôle de gestion et l’audit, soit 65 % pour ces trois premiers domaine d’activité ;

7% sont dans l’enseignement et 4 % exercent une profession réglementée ; 3% travaillent dans la recherche et 3% dans la communication ;

les réponses « autres » (18%)  se répartissent dans toutes les activités (santé, RH, défense, droit, art, édition, immobilier, etc.).

Une courte majorité des moocqueurs travaille dans le secteur privé.

77% des moocqueurs sont en France, ce qui signifie que 23 % sont à l’étranger, sur les cinq continents, notamment : Afrique (8%), Europe (7%), Amérique du Nord (4%).

Ces données sont à comparer avec le graphique qui ressort des présentations des 255 moocqueurs sur le forum de FUN au début du MOOC, réalisé à partir d’autres données.

La synthèse de l’ensemble met en évidence la grande variété des profils.

Contexte de l’inscription au MOOC

La principale donnée sur ce sujet est que près de la moitié des inscrits on connu l’existence du MOOC par un message de FUN.

Loin derrière, mais en 2e position (17%), on trouve l’information transmise par un collègue ou un ami (l’archivage est donc participatif !). L’annonce sur un site web ou un blog, la communication du CR2PA et la recherche d’un MOOC sur Internet sont à égalité comme vecteur d’information (entre 13% et  14% chacun).

Une autre information assez surprenante (mais il est vrai que pour ce premier MOOC, nous n’avions pas beaucoup de référence) est que le teaser du MOOC a eu un rôle assez modeste puisqu’il n’intervient dans le choix d’inscription au MOOC que dans 17% des cas. 39% des répondants au questionnaire d’évaluation n’ont pas vu le teaser, et 44 % ont vu le teaser après avoir décidé de s’inscrire.

Sur la question de la principale motivation pour s’inscrire à ce MOOC, la réponse qui arrive en tête est « Trouver des réponses aux problèmes d’archivage rencontrés au quotidien » (32%) suivi de « Compléter ma formation professionnelle initiale » (27%). On voit bien là combien l’archivage managérial répond à une question largement répandue de savoir comment s’y prendre pour bien archiver, et qu’il correspond aussi à une thématique importante pour la formation continue. 12 % des répondants recherchaient une première formation sur le sujet. Suivre un premier MOOC a été la motivation de 11 % des moocqueurs tandis que 8% déjà séduits par un ou plusieurs MOOCs ont choisi de poursuivre cette forme d’apprentissage.

Pratiques du MOOC

En créant deux parcours dans le MOOC (parcours Découverte et parcours Chef de projet), nous imaginions (gratuitement, il est vrai) qu’une majorité d’apprenants opterait pour le parcours Découverte. Or, c’est le contraire qui s’est produit : un tiers de parcours Découverte et  deux tiers de parcours Chef de projet. Cette proportion se retrouve aussi parmi les moocqueurs qui ne connaissaient pas le CR2PA et qui ont eu connaissance du MOOC par FUN. Le sujet était pourtant ardu…

Une grande majorité des répondants (tous parcours confondus), a apprécié cette possibilité de choix de parcours, et l’a même trouvée encourageante pour la progression. À noter que 8% ont commencé le parcours Découverte et, prenant confiance peut-être ou par curiosité, ont poursuivi avec le parcours Chef de projet.

Les résultats de l’enquête sont particulièrement  intéressants pour les témoignages de temps d’apprentissage. L’équipe pédagogique avait évalué les temps d’étude suivants :

  • Parcours Découverte : 1 heure par semaine (30 minutes de visionnage, 30 minutes de travail personnel).
  • Parcours Chef de projet : 3 heures par semaine (1 heure de visionnage, 2 heures de travail personnel).

Ces prévisions s’avèrent exactes pour le parcours Chef de projet mais sous évaluées pour le parcours Découverte. La réalité est toutefois très nuancée.

Pour le parcours Découverte, 76 apprenants ont indiqué leur temps hebdomadaire. La moyenne donne un temps moyen de 1 heure 50 minutes. Le détail est le suivant :

MOOC-Bilan_Temps parcours 1

Pour le parcours Chef de projet, 201 personnes ont renseigné le temps hebdomadaire (dont 5 l’ont indiqué pour les deux parcours. La moyenne est de 3 heures et 10 minutes. Le détail montre cependant une grande amplitude :

MOOC-Bilan_Temps parcours 2

Aucune corrélation ne peut être établie entre le temps passé et le profil de l’apprenant.

Plus des deux tiers des moocqueurs ont suivi le MOOC plutôt chez eux, tandis que 25 % l’ont suivi au bureau.

À noter que 27% des apprenants ont imprimé les supports PDF, comme quoi pour lire, le papier joue encore un rôle très fort. 5% ont étudié dans les transports en commun.

Les quizz sont surtout vus comme un moyen ludique de réviser (64%) ou le moyen d’une bonne auto-évaluation (55%). Près d’un quart des répondants les voit comme un moyen d’obtenir une attestation de l’université sur l’archivage managérial. Parmi les répondants, moins de 2 % disent ne pas les avoir faits et moins de 3% les ont trouvés superflus. Cette question a suscité cependant de nombreux commentaires soulignant notamment la simplicité des questions (cela était annoncé par l’équipe pédagogique car comment faire des quizz élaborés sur un sujet en pleine évolution comme l’archivage et qui, de surcroit, sont corrigés automatiquement ?).

Évaluation des contenus

MOOC-Bilan_fleurLa palme revient à l’étude de cas qui obtient une note finale qui frôle les 5,9 sur 7 et le maximum de « 7 ». La force pédagogique de l’exemple et le moyen ludique d’apprentissage d’un sujet jugé austère sont soulignés par 70% des répondants. 54% ont appréciés les livrables de l’étude de cas pour leur côté très concret. 27% attendent la suite des aventures des Serres d’Eupéa. 27% encore trouvent les dialogues de l’étude de cas très réalistes tandis que 10% jugent la situation de cette entreprise fictive assez éloignée de leur propre entreprise. Moins de 1% de répondants n’a pas été intéressé par cette animation.

Les vidéos avec des intervenants variés talonnent l’étude de cas, avec un score global quasi équivalent.

La pédagogie, les transcriptions des vidéos, les présentations PPT, la théorie et le vocabulaire se tiennent dans un mouchoir de poche, avec une note autour de 5,8 sur 7. La qualité technique, malgré les soucis d’un certain nombre d’internautes pour accéder convenablement aux contenus, est largement appréciée par 86 % des répondants, avec une note totale de 5,7. L’arbre de l’archivage managérial recueille un vote de 5,6.

Le rythme général du MOOC est noté 5,5, les quizz 5,2 et les forums 4,6 sur 7.

18 répondants (presque 4%) ont ignoré cette question de l’évaluation des contenus qui était pourtant la question centrale pour le MOOC. Il s’agit principalement de décideurs ou managers qui ne sont pas allés au bout de l’enquête.

Et maintenant, que vais-je faire ?

Plus de la moitié des apprenants du MOOC retiennent en priorité la dimension « processus » de l’archivage et disent avoir pris conscience des nouveaux risques liés au désordre numérique. Rien qu’avec ces chiffres-là, on peut dire que le MOOC est réussi car c’était l’objectif à atteindre, faire passer l’archivage d’une vision statique et papier à une vision numérique et dynamique.

44% portent maintenant un regard différent sur l’importance d’un bon archivage ; 37 % ont découvert la diversité des acteurs d’un projet d’archivage, 26% considère que le MOOC est un moyen d’accélérer leur propre projet.

3 répondants sur 468 n’ont pas été convaincus par l’archivage managérial, chiffre très largement compensé par les 134 moocqueurs (30%) qui, après le MOOC « Bien archiver… » ressentent un regain d’intérêt pour l’archivage, dans toutes les catégories de profils. Ce constat-là est aussi, pour les artisans du MOOC, tant à l’Université qu’au CR2PA, un indicateur de réussite particulièrement réconfortant.

Un point particulièrement  intéressant à relever est que 43% des répondants indiquent qu’ils vont ajouter le MOOC à leur CV. Certains l’avaient déjà fait avant la fin du MOOC… Certes, on sait bien que « l’attestation de suivi avec succès » n’est pas une certification officielle à ce jour mais la démarche est significative. On peut mettre en regard le chiffre de 187 personnes qui vont indiquer le MOOC dans leur CV avec celui de 104 répondants voyant les quizz comme un moyen d’obtenir une certification. L’intersection des deux ensembles ne représentent que 64 personnes.

Enfin, sur leurs projets d’après MOOC, plus des trois-quarts des répondants déclarent qu’ils vont mettre en application ce qu’ils ont appris. La moitié compte s’inscrire à la prochaine session et près de la moitié va conseiller à d’autres personnes de suivre le MOOC. 42% (187) vont approfondir la démarche d’archivage managérial ; 30 % vont réutiliser des séquences du MOOC dans leur projet. 2,5 % vont continuer comme avant ou passer à autre chose.

Près de 60% des répondants souhaitent recevoir la Newsletter du CR2PA pour suivre les événements de l’association sur le sujet et vont retourner sur le site du Club. Un grand nombre a déjà rejoint le groupe de discussion du Club sur Linkedin.

Conclusion

Le bilan du MOOC met en avant deux constats:

  1. tout d’abord, la question de savoir ce qu’il faut archiver ou pas est une question transverse à la société et n’est pas restreinte aux professionnels du domaine car chacun, du décideur à l’utilisateur, est acteur de ce processus de maîtrise des documents à risque et/ou essentiels pour l’avenir ; la prise de conscience de la dynamique de l’archivage, le réconfort apporté par le MOOC à beaucoup de personnes confrontée au tsunami numérique, ou la gaîté véhiculée par les petits personnages des Serres d’Eupéa, sont autant d’indices de la pertinence du sujet à l’échelle sociétale ;Archivage managérial-arbre_fr
  2. ensuite – le succès du MOOC en est la preuve – il est tout à fait possible de parler d’archivage avec des mots simples, agencés dans un langage cohérent, adossé aux démarches de gestion des risques, de sécurité de l’information, d’accès aux données et de démarche qualité. C’était une ambition du CR2PA que de faire émerger un langage commun de l’archivage ; avec le MOOC « Bien archiver… », il se structure ;
  3. enfin, ce MOOC sanctionne la reconnaissance de l’archivage en tant que processus, mis en œuvre pour répondre à un risque (et les risques croissent dans l’environnement numérique) ; le mot archivage a trop longtemps eu une connotation négative car il était confondu avec du stockage d’archives, réduit à une gestion logistique de documents inutiles. C’est tout le contraire ! Les données inutiles doivent être détruites, celle qui ont de la valeur doivent être archivées pour assurer l’avenir.

Merci à tous de votre participation et de vos très nombreuses suggestions d’amélioration et de prolongement. À bientôt pour de nouvelles aventures !

 

3 réponses

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  1. […] française, et par curiosité pour les quizz puisque j’en ai concocté quelques uns pour le MOOC « Bien archiver : la réponse au désordre numérique », je vais voir. Il y a là dix mots : mouillasser, rioule, mobbing, akathisie, bolos, nomophobe, […]

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