L’information guimauve

Billet de Catherine Leloup, consultant indépendant, 6 octobre 2014

Information, documents, data, records, etc. Autant de concepts auxquels l’homme de la rue ne comprend strictement rien.

Et pour cause, les dictionnaires en donnent tous des définitions qui ne veulent rien dire, mêlant allégrement :

  • support – papier, électronique, microformes,
  • perception sensorielle – scriptural, photo, son, et bientôt odorat ou n’importe quel stimulus électronique (genre texto, message ou appel téléphonique)
  • rôle : preuve, justification d’un événement,
  • usage : à quoi et à qui cela sert.

Fort curieusement, il n’est jamais question dans ces dictionnaires ni de contenu ni d’enjeux (je conseille à cet effet la lecture approfondies des Larousse, Robert, Oxford Dictionary et autres).

Pourtant, l’homme de la rue peut bien distinguer le bon grain de l’ivraie. Mais comme l’industrie informatique a coutume de nous inventer de faux besoins, histoire de garantir son chiffre d’affaires, il y a une nouvelle race de supposée « information », que personnellement j’ai baptisée d’information « guimauve ». Guimauve, parce que cela colle, c’est sucré – donc apparemment inoffensif, comme le bonbon qu’on donne à un gamin, donc facile à absorber – mais sur le fond redoutable, au moins en ce qui concerne la transmission du savoir.

Guimauve2

Je vais prendre un exemple (vécu) : mise en service d’un réseau social au sein d’un organisme de recherche. Chacun y va de son grattage de tête. Et comme chacun sait – ou devrait le savoir – le grattage de tête est un prélude au dépôt de brevet. Mais comme l’outil est moderne, tout le monde s’en fout. Sauf, le jour où un concurrent mais néanmoins partenaire occasionnel, intente un procès sur l’antériorité du brevet en question. Devinez quoi ? Après plus de 20 millions d’euros de frais d’avocats, personne ne peut rien prouver.

J’ai oublié de mentionner les autres informations qui relèvent de la « guimauve » : outre les réseaux sociaux, il faut aussi parler des textos, selfies et autres trucs à la mode.

Et pour cause : comment un record manager digne de ce nom se dépatouille de ce type de bazar mouvant et facilement répudiable. J’ai quelques idées sur le sujet (genre copies à date, traçage des connections, etc.) et suis prête à en discuter avec vous via ce blog.

Guimauve ou bombe à retardement, je vous laisse choisir…

 

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